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Bienvenue dans le monde des données extrêmes

16 décembre 2005

Les nouvelles frontières de l’information

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Selon le rapport annuel du Leading Edge Forum, le centre de veille technologique de CSC, une explosion des informations est en préparation, ouvrant la voie à une nouvelle ère de données «extrêmes», un nouveau type de données générées par de nouveaux appareils et utilisées de manière totalement inédite. Ces données extrêmes favorisent l’apparition de nouveaux processus métiers, suscitent de nouvelles interactions interpersonnelles et donnent ainsi corps à de nouvelles connaissances. Elles demandent aussi aux entreprises de comprendre et de faire travailler l’information comme jamais.

Hier encore, les données traitées par les entreprises étaient centralisées, sécurisées et mises à disposition. Structurées. Bien définies. Aujourd’hui, l'information a brisé ses chaînes. Elle est devenue mobile et opère librement, en dehors des limites de l’entreprise. Elle est désordonnée, informelle, sans structure et se présente sous diverses formes, diverses dimensions : documents, SMS, images, fichiers sonores, vidéo clips, etc. Ces données extrêmes, provenant d’applications grand public, comme la messagerie instantanée, la voix sur IP ou le MP3, pénètrent peu à peu l’infrastructure technologique des données d’entreprise.

Le volume de données explose et les entreprises font face à une multiplication de documents, de présentations Powerpoint, d’e-mails et de messages instantanés. Les données créées en 2002, par exemple, pouvaient remplir 500.000 bibliothèques aussi grandes que celle du Congrès américain. Le monde remodelé par ces «données extrêmes» n’est plus celui des «bits» d’autrefois. C’est un monde de productivité, d’innovation, de commodité et de communication. Un monde que beaucoup d’entreprises doivent aujourd’hui explorer.

De nouveaux modèles d’entreprise
L’informatique évoluent vers des appareils de plus en plus petits et les données ont quitté leur environnement familier, centres de traitement, salles de serveurs et PC, pour se répandre aux confins du réseau dans lequel nous travaillons ou jouons. Les appareils grand public, gavés de données et de fonctionnalités, contribuent à disséminer les données partout, tandis que l’utilisation d’appareils grand public par les salariés, à la maison, influence les décisions de l’entreprise sur le plan informatique. «Chacun devrait se souvenir du PC, qui débuta en tant que jouet de spécialistes et était boudé par les entreprises. Les consommateurs l’ont finalement emporté», rappelle Paul Gustafson, directeur des «Technology Programs» au sein du Leading Edge Forum. Les entreprises doivent en effet reconnaître que des «appareils marginaux» tels que les téléphones mobiles, les PDA ou les baladeurs numériques, sont des systèmes à part entière qui doivent trouver leur place dans le fonctionnement des entreprises. Le PDA, par exemple, est devenu un outil essentiel destiné aux forces de vente de l’entreprise et des techniciens de service après-vente.

L’avènement de l’électronique de loisir défie, par ailleurs, le modèle de diffusion «unique pour tous». Avec les boîtiers décodeurs, le téléchargement de musique, les podcasts, la programmation évolue : autrefois servie en bloc, elle est aujourd’hui découpée en tranches, en fines bouchées, au gré du consommateur. Celui-ci commande uniquement la chanson ou le programme qu’il désire, quand il le désire. Un service de téléchargement musical comme fnacmusic, développé par CSC, participe ainsi à changer fondamentalement la façon dont les clients achètent des biens culturels, et dont les artistes sont payés. Le téléchargement musical légal est un exemple classique de la manière dont les données extrêmes imposent un nouveau modèle d’entreprise.

Trouver les gens, leurs objets, et informer sur ce qui leur arrive
Les données extrêmes explorent deux nouvelles dimensions : le temps et l’espace. Le fait de pouvoir intégrer l’information provenant de technologies de localisation, d’appareils photo numériques, de capteurs en temps réel, d’appareils sans fil et portatifs, de systèmes d’information géographique, permet aux applications de déterminer où se situent des personnes, des choses, et de le faire à un moment déterminé.

Ces données de temps et d’espace offrent quelque chose de précieux. De la visibilité. En donnant une vue plus précise d’un processus industriel (comme la production du cuivre), d’une situation (le trafic routier, par exemple), ou tout simplement du lieu où se trouve quelqu’un, ou quelque chose. Nous prenons à tout instant des décisions, professionnelles ou personnelles, selon l’opportunité du moment ou du lieu. Il est donc essentiel de pouvoir disposer des meilleures données possibles.
Les données de temps et d’espace nous rapprochent en cela de scénarios en temps réel. Les entreprises ont déjà recours au GPS pour suivre des véhicules, des bus scolaires ou encore des navires pétroliers. Localisation, cartographie dynamique, dépistage d’objet, identification rapide… les entreprises devraient bientôt adopter à grande échelle d’autres technologies de localisation, telles que l’identification par radiofréquence (RFID).

La valeur des données dépend cependant de la rapidité à laquelle elles sont collectées. Les données extrêmes rendent possible un monde en temps réel dans lequel nous pourrons être avertis instantanément de situations particulières. L’Agence américaine pour la protection de l’environnement, par exemple, a collaboré avec CSC à la conception et à la réalisation d’EnviroFlash. Ce système d’alerte est personnalisable et d’une grande aide pour les personnes asthmatiques en leur fournissant une information en temps réel sur la qualité de l’air dans leur région.

Des données qui renforcent les liens entre les personnes
Le monde des données extrêmes comporte un volet social très important. Le marché a découvert qu’Internet était un outil puissant pour rechercher des personnes ayant des intérêts communs et avec lesquelles établir des liens. Les nouveaux services en ligne et les nouvelles technologies aident non seulement les gens à retrouver des amis et des camarades de classe perdus de vue, mais également des relations d’affaires.

Par le passé, il n’était pas facile, voire impossible, de trouver des gens ayant un intérêt professionnel commun sans «plonger dans la foule», mais aujourd’hui, Internet permet de se constituer un réseau virtuel de contacts professionnels rapidement et efficacement. Des services tels que LinkedIn aident leurs adhérents à identifier des contacts professionnels et utilisent toute une série de recommandations de contacts personnels pour rencontrer ces gens. D’autres technologies et notamment les nTAGs, ces badges «intelligents» qui permettent à ceux qui les portent de trouver, lors de manifestations professionnelles, des personnes ayant des intérêts communs.

La messagerie instantanée, coqueluche des adolescents depuis des années, occupe à présent une place de choix dans l’entreprise. Lorsque la messagerie instantanée est intégrée à d’autres applications, les salariés peuvent dialoguer en direct avec leurs collègues et collaborer avec eux plus facilement que par téléphone ou par e-mail. Pour Paul Gustafson, «intégrer directement, dans l’application, une dimension sociale voire humaine, améliore la façon dont les gens collaborent ensemble». Un autre type de relation sociale se présente lorsque des équipes travaillent ensemble et partagent l’information. Un wiki, un espace partagé sur le Web, est ainsi un puissant outil de collaboration, de plus en plus implanté dans les sociétés. Chacun peut apporter sa contribution au contenu existant du wiki, augmentant ainsi le savoir collectif du groupe.

Ce mouvement n’est pas prêt de marquer le pas. Vous avez tous entendu parler des blogs. Ce phénomène a atteint aujourd’hui sa vitesse de croisière, en donnant naissance au «journaliste citoyen», en marge des relais d’information habituels. Il a eu un effet significatif sur les élections présidentielles américaines, par exemple. Le phénomène a démarré par la publication de texte uniquement et s’étend aujourd’hui aux contenus sonores (podcasts) et à la vidéo. Avec cette évolution se dessine un tissu social tout neuf. Les blogs créent en effet un lien bien plus direct entre les éditeurs et leurs lecteurs, ces derniers pouvant publier immédiatement leurs réactions en ligne.

Donner un sens à cette effervescence
L’explosion des données numériques soulève naturellement une question : quel est le sens de tout cela ? C’est en donnant un sens à ces données que les entreprises peuvent améliorer leur recherche, leur intégration et leur interprétation à travers leurs applications. Les données peuvent certes se trouver partout, mais il nous faut encore progresser en matière de recherche, de détection sémantique et organisationnelle pour nous aider à les utiliser efficacement.

Ce qu’une entreprise produit numériquement ne se limite plus aujourd’hui à du texte, mais englobe aussi des images, de la vidéo, du son et plus encore. Les entreprises doivent être capables d’exploiter au maximum toutes ces archives numérisées, grâce à des techniques de recherche qui peuvent utiliser différents types de supports. La majeure partie de cette activité de recherche se passe aujourd’hui sur le Web, les internautes parcourant ce vaste dépôt de textes, d’images, de fichiers vidéo et audio. Des sociétés comme Google et Yahoo fournissent également des moteurs de recherche d’images et de vidéos, tandis que des moteurs spécialisés dans la recherche iconographique sont peu à peu proposés, non seulement au grand public, mais également aux entreprises. CSC collabore ainsi avec l'agence américaine responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère à un système entièrement nouveau de recherche d’images de satellites environnementaux. Les images aident les utilisateurs à mieux comprendre les changements climatiques en visualisant les différences intervenues dans des variables telles que la couverture nuageuse, la température de surface des océans et l’utilisation des sols.

Les moteurs de recherche lorgnent désormais sur les ordinateurs des internautes, gavés de données non structurées, sous forme de textes et de feuilles de calcul. Google Mini, par exemple, utilise déjà le moteur de recherche principal de Google pour rechercher jusqu’à 50.000 documents d’une entreprise. De tels outils pourraient aider les salariés à rechercher rapidement dans leurs propres documents l’information souhaitée.

A plus grande échelle, le mouvement «Semantic Web» essaie d’encoder de manière explicite les données du Web de manière à aider les informaticiens et les applications, à les rechercher, les intégrer et à les traiter de façon intelligente. Ce Web sémantique devrait être plus puissant que le Web actuel, parce que ses données seront lues et absorbées par des logiciels qui seront capables d’effectuer plus de tâches en termes de recherche, de requête et d’intégration d’information. Les nouvelles techniques de visualisation montrent les données de façon plus intuitive, tandis que de nouveaux outils nous permettent d’analyser de vastes ensembles de données et de découvrir des organisations et des relations que l’œil humain ne peut détecter.

Prenons l’exemple des transactions financières : un trésor d’informations, qui peuvent aujourd’hui être sondées pour y rechercher des fraudes potentielles. Le système FraudVision de CSC permet de détecter les chèques frauduleux en mettant en évidence, de façon précise, les variations dans la manière qu’a une personne de remplir les chèques. FraudVision intègre en effet les nombreuses capacités de reconnaissance de forme, au traitement de l’image du chèque, afin de détecter les chèques falsifiés, modifiés ou contrefaits.

Nous vivons dans un monde de données extrêmes, marqué par l’innovation et l’opportunité. Un monde à la fois enivrant et effrayant. Il offre de nouveaux produits et services et de nouvelles façons de communiquer. Il procure des niveaux encore inégalés de précision, de commodité et de vitesse. Certes, les données extrêmes exigent une responsabilité et un sérieux extrêmes dans la gestion, la protection et la mise à jour de la signification de ces données. Mais ces données extrêmes redessinent fondamentalement les frontières de «l’information». Le temps de l’expérimentation est venu. Car ce qui est extrême aujourd’hui sera banal demain.


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Liens associés

Télécharger le rapport complet Extreme Data: Rethinking the "I" in IT (en anglais).

En savoir plus sur le Leading Edge Forum, le centre de veille et d'analyse des nouvelles technologies de CSC.




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