News Article -- Octobre (mois) 05, 2005

La RFID : demain c’est maintenant

L’absence de normes industrielles au niveau mondial ne doit pas faire obstacle à l’investissement dans les étiquettes intelligentes

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L’adoption des «étiquettes intelligentes» de la technologie RFID par les géants mondiaux de la distribution comme Wal-Mart (aux États-Unis), Tesco (en Grande-Bretagne) ou Metro (en Allemagne) mais aussi par de grandes institutions comme le ministère américain de la Défense a véritablement consacré la technologie RFID ces derniers temps. Si pour certains pionniers, la révolution est déjà en marche, d’autres retardent leurs efforts en pointant l’absence de normes internationales. Pour autant, la réalité sur le terrain n’incite pas à l’attentisme : les différents projets pilotes en cours, que ce soit dans l'industrie, le transport ou la distribution, montrent d'ores et déjà les nombreux avantages à utiliser la RFID.


Oublier le spectre Betamax
Bon nombre d’entreprises craignent aujourd’hui que des normes hétérogènes affectent l’efficacité d’une solution d’identification par radio-fréquence (ou RFID pour «Radio Frequency Identification»). Plusieurs sondages récents (notamment l’édition 2005 de l’étude «L'informatique au cśur des stratégies des distributeurs» menée par CSC et LSA) révèlent qu’une frange non négligeable de dirigeants d’entreprise est encore timide à l’idée d’investir massivement dans la mise en place de cette technologie.

Le «spectre Betamax» semble encore bien présent à l’esprit des investisseurs. Rappelez-vous, ce n’est pas très loin. Les débuts de la vidéo furent le théâtre d’une guerre technologique. Les standards rivaux VHS, pour JVC, et Betamax, pour Sony, luttèrent dans une bataille où Betamax avait largement la supériorité en qualité et en coût. VHS s’était pourtant imposé comme le standard dominant au début des années 1980, au terme d’une lutte très coûteuse pour les deux parties. Ceux qui avaient misé sur le mauvais cheval en gardent encore un goût amer.
Aujourd’hui, l’éventualité d’une réaction de rejet massive d’un standard par les capitaines d’industries pourrait, s’inquiètent les investisseurs, entraver le développement du marché des technologies RFID.

L’absence de normes n’empêche pas l’expansion de la RFID
Et s’il était avisé, au contraire, d’investir dès aujourd’hui dans cette technologie ? «On doit admettre que la majorité des entreprises a jusqu’ici opté pour la prudence, et semble attendre le développement du marché de la RFID avant d’investir. La raison de cet attentisme est à imputer à l’inexistence de normes dans ce domaine, du moins adoptées à l’échelle internationale», analyse Chris Deacon, directeur du pôle conseil métier chez CSC au Royaume-Uni et expert en matière de RFID. «Pourtant, si l’on regarde uniquement les faits, il n’est pas nécessaire d’attendre une telle uniformisation des normes pour obtenir des résultats tangibles de la mise en place de solutions RFID.»

En effet, nombreux sont les secteurs d’activité où coexistent plusieurs normes sans que cela se traduise par l’immobilisme de leurs acteurs économiques. Nombreuses sont également les nouvelles technologies qui ne disposent pas de standards uniques gravés pour tous dans la pierre, et qui ne suscitent pas autant de méfiance que la technologie RFID (c’est le cas notamment pour les nombreuses normes qui régissent la télévision numérique terrestre dans le monde). En revanche, les entreprises qui ont fait «le grand plongeon» en investissant dans la RFID obtiennent déjà des résultats significatifs, ce qui prouve qu’une telle décision peut être couronnée de succès, quelle que soit la forme de la solution RFID mise en place.

Selon Chris Deacon, les normes émergeront d’elles-mêmes, plutôt que d’être imposées. D’autant que le marché des applications RFID évolue aujourd’hui trop rapidement (il devrait tripler d’ici à 2010) pour se voir imposer des réglementations strictes. «Aujourd’hui, le code-barre est entré dans les mśurs. Mais il a mis plus de 30 ans à être accepté !», poursuit-il. «L’utilisation de la RFID croît beaucoup plus rapidement, et l’absence de normes ne devrait pas empêcher son expansion à court terme. Néanmoins, il est vrai qu’à plus long terme, il deviendra indispensable de définir des normes globales pour le maintien de cette technologie». Un champ sur lequel se concentre l'EPCGlobal, l'un des principaux consortiums śuvrant autour des technologies RFID, et auquel CSC est membre.

Trois facteurs clés de succès
Trois points clés sont aujourd’hui à prendre en considération afin que la mise en place d’une technologie RFID soit un succès pour l’entreprise.

Tout d’abord, il est fondamental que les entreprises regardent au-delà du grand battage publicitaire, et définissent en quoi la RFID leur apportera des bénéfices. En effet, cette technologie n’engendre pas instantanément des économies, et impose même dans la phase de transition des coûts supplémentaires conséquents. Bien que le prix des étiquettes soit en baisse, les coûts d’intégration de systèmes et de mise en place par pièce sont significatifs. La gestion des données requiert également un investissement majeur, ce qui affecte le résultat de l’entreprise. Cependant, ces points sont sérieusement contre-balancés par les bénéfices que permet la RFID. D’où l’intérêt de bien définir ses objectifs, rappelle Chris Deacon. «Les entreprises doivent capitaliser sur les nouvelles opportunités offertes par les solutions RFID et identifier à quel niveau de leur chaîne logistique elles pourront faire des économies : en améliorant les délais d’exécution, en réduisant les tâches dédiées à la manutention, etc». Le leader mondial de la distribution Wal-Mart, par exemple, prévoit de réaliser des économies évaluées à plusieurs milliards de dollars en utilisant la RFID de manière efficace.

Deuxièmement, la technologie devra être mise en place dans le cadre d’un schéma commercial et informatique bien intégré. L’outil ne sera en effet précieux que s’il est marié à des systèmes et des processus rodés et efficaces, mis en place dans tous les métiers de l’entreprise.

Enfin, il faut comprendre que l’application de la RFID ne se résume pas à l’acquisition d’un lecteur que l’on ne ferait qu’installer. La technologie peut devenir totalement inefficace suite à des erreurs simples : il faut donc accorder une attention particulièrement importante aux facteurs physiques. Pour donner un exemple, si des étiquettes sont lues plus d’une fois en passant par l’aire de stockage, l’entreprise aura des données erronées sur ses niveaux de stock, etc. Il est donc crucial que les entreprises testent la technologie avant de la déployer.

Les avantages potentiels offerts par la technologie RFID sont déjà amplement documentés : gain de temps lors du contrôle de la réception ou de l'expédition des marchandises, amélioration du contrôle qualité dans la production, améliorations de la gestion des stocks et des inventaires, réduction des pertes et des vols, traçabilité plus fine des colis et à terme, identification et suivi unitaire des produits et des objets, contrôle d'accès... «La technologie RFID est promise à une longue vie, que les compagnies décident ou non de l’adopter», conclut Chris Deacon. «Certes, le processus de normalisation doit être développé, mais les organisations devraient songer dès maintenant à investir dans cette technologie, au risque d’arriver trop tard … et de rater le coche.»


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