Une informatique mondiale pour Renault, centrée sur les métiers de l’automobileTélécharger la version PDF de cet article
Le directeur des technologies et des systèmes d’information de Renault est très clair : la refondation de la fonction informatique vise à doter le constructeur d’une informatique mondiale, compétitive et centrée sur les métiers de l’automobile.
Pour devenir avec Nissan l’un des tout premiers groupes automobiles mondiaux, le constructeur automobile a engagé une mutation sans précédent de l'ensemble de son système d'information, en construisant un partenariat très fort avec un nombre très réduit de fournisseurs, dont CSC. Jean-Pierre Corniou détaille ici cette démarche singulière qui permettra à la marque au losange de rationaliser ses infrastructures, tout en continuant à innover au cœur de ses processus clés.Le groupe Renault vient d’engager une profonde transformation de sa fonction informatique pour l’adapter à la nouvelle perspective mondiale de l’entreprise. Comment résumeriez-vous les enjeux de la «refondation de l’informatique de Renault» ?«Refondation» est une démarche globale au service d’un projet, WAP («Worldwide, Automotive, Professional») : faire de la fonction informatique et systèmes d’information un outil professionnel et performant pour servir le métier automobile de Renault dans notre stratégie de croissance rentable mondiale. Cette transformation est motivée par la recherche d’une réduction durable des coûts et de l’accroissement de valeur au service des métiers. Pour y parvenir, nous nous appuyons sur une approche processus, la dynamisation de la maîtrise de nos coûts, l’innovation pertinente, le développement des compétences et l'association avec des partenaires de service et technique.
Comment ce projet s’inscrit-il dans le projet global Renault-Nissan ?Dans le cadre de l’Alliance, la fonction informatique doit générer des synergies tant dans la gestion des infrastructures que dans la mise en commun des applications lorsque ceci crée de la valeur. Nous avions besoin pour y parvenir de mettre l’informatique de Renault dans une configuration plus compatible avec celle de nos partenaires de Nissan pour mieux se comprendre et pouvoir efficacement travailler ensemble. Refondation ouvre l’informatique de Renault sur les standards mondiaux, s’appuie sur des partenariats globaux et hisse le niveau d’exigence pour apporter dans l’Alliance une logique d’excellence.
L’an dernier, l’article «IT doesn’t matter» avait déclenché une certaine polémique. Quand on regarde le métier d’un constructeur automobile comme Renault, de la conception à la distribution, en passant par les cycles de production, on est au contraire frappé par le recours constant aux systèmes d'information. L’informatique, ça compte ? Même si les nouvelles technologies ne sont plus un sujet fortement médiatique, elles sont désormais installées au cœur des systèmes d’information des entreprises au point d’en devenir invisibles. Renault a depuis longtemps su tirer profit des technologies de l’information dans la conception des véhicules. Désormais, il n’est plus de progrès dans le fonctionnement de l’entreprise qui ne s’appuie sur le développement massif de systèmes d’information soutenus par une informatique de plus en plus sophistiquée. Pour la première fois, grâce à Internet, la communauté informatique s’est dotée de standards permettant une large interopérabilité des systèmes. Renault est en pointe dans l’usage de l’internet, avec ses fournisseurs, ses clients et son réseau. Le commerce en ligne, l’entreprise étendue, les portails destinés aux employés sont des réalités opérationnelles. L’informatique est clairement au cœur des gains de performance et de compétitivité. Les systèmes de logistique en flux tendus, le raccourcissement des délais de conception, la sécurité des véhicules, les flux trans-frontières de pièces, au cœur de l’internationalisation du Groupe, représentent autant de performances nouvelles résultant de l’alliance dynamique de logiciels standards, d’une infrastructure moderne et de réseaux de télécommunications à haut débit.
CSC épaulera Renault dans la gestion de ses infrastructures informatiques. Quels avantages attendez-vous de ce partenariat ? Les systèmes d’information représentent un outil opérationnel critique pour l’entreprise. Ils peuvent par leurs défaillances répétitives fragiliser l’activité courante, ou plus encore, compromettre totalement l’exploitation en cas de sinistre majeur. La qualité des systèmes et la rigueur opérationnelle sont désormais liées, alors que la valorisation de cet actif immobilisé considérable que représentent les infrastructures et les systèmes est un impératif de saine gestion. L’efficacité opérationnelle informatique est le résultat d’une infrastructure moderne et de processus performants. Nous attendons de CSC une vision sans complaisance de nos forces et de nos faiblesses, pour, grâce à leur maîtrise des processus et à leurs compétences, développer les unes et corriger les autres.
Quelle est aujourd’hui la première de vos priorités au sein de Renault ?La qualité de service qui fonde la crédibilité, la maîtrise des coûts qui l’alimente et la capacité d’innovation qui prépare le futur et irrigue l’entreprise des meilleures pratiques.
Le contrat que vous avez signé avec CSC a une durée de cinq ans. Il y a cinq ans justement, vous n’imaginiez peut-être pas encore construire un modèle comme la Logan. Quelle vision avez-vous de Renault dans cinq ans ?De toute évidence, Renault va continuer à se transformer pour devenir avec Nissan un acteur majeur de l’automobile : nous nous donnons comme ambition de figurer parmi les trois premiers constructeurs mondiaux pour nos résultats financiers, la qualité de nos véhicules et pour l’innovation. Renault en s’appuyant sur ses racines hexagonales est désormais un acteur international de plus en plus reconnu.
En plus de vos responsabilités au sein de Renault, vous présidez le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref). La démarche singulière adoptée par Renault peut-elle inspirer d’autres entreprises ?Chaque entreprise est un cas particulier. Cependant la démarche engagée par Renault ouvre une voie nouvelle dans l’approche partenariale dont d’autres, j’en suis convaincu, s’inspireront rapidement.
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