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Tout le monde en parle... les "smart tags"

28 juin 2005

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En marchant dans la rue, votre regard est accroché par l’affiche du dernier Spielberg. Vous voulez en savoir plus ? Pointez votre téléphone mobile dans sa direction. Cliquez : vous accédez à la bande-annonce du film. Un autre clic, et vous achetez votre place pour la prochaine séance. Ces applications sont déjà possibles grâce de minuscule balises électroniques actives («smart tags» ou «hypertags»). Mobilier urbain, musées, centres commerciaux… soyez prêts à les voir envahir votre quotidien !

A l’évocation du mot «tag», chacun pense aux signatures graphiques laissés sur les murs par les grapheurs. Restons dans cet univers urbain pour découvrir un nouveau type de tag, en passe de devenir aussi célèbre que son homonyme pictural. Ce nouveau tag n'est rien d'autre qu'une minuscule balise électronique active, composée d'un émetteur récepteur et dotée d'une batterie. Grâce à une technologie dite «point and click» («pointer et cliquer»), il suffit désormais de pointer son téléphone portable ou son assistant personnel en direction de la balise et d'appuyer sur la touche qui déclenchera la transmission d'information. Les informations reçues sur son écran, via le port infrarouge ou le protocole Bluetooth, peuvent être de plusieurs types. La forme la plus conventionnelle est le texte, mais on peut également recevoir des images, notamment grâce aux nouveaux téléphones MMS (Multimedia Messaging Service). Le tag peut également transmettre des informations sous la forme de page Web.

La puce à l’oreille
Pour Fabien Beckers, le fondateur de la société Kameleon, tout a commencé avec une simple question. Comment aider les aveugles et les malvoyants à se repérer en ville ? La solution est simple, se dit-il : il suffit de demander aux lieux de leur dire où ils se trouvent. La puce électronique créée par ce Français devait au départ donner des informations sonores, à la demande de l'utilisateur. Le champ d’applications potentielles semble aujourd’hui illimité : envoi d'informations municipales, animations dans les musées, affiches publicitaires renvoyant sur le site de l'annonceur, etc. Et ceci dans tout lieu où l'on peut tirer bénéfice d'une information spécifique (panneaux d’affichage, vitrines, abribus, stations de métro, points de vente, etc). Ainsi, le musée de cire Tussaud, à Londres, a déjà fait l’essai de la solution Kameleon en camouflant près de ses sosies de célébrités une puce qui transfère aux visiteurs des informations multimédia sur les mannequins qu’ils observent.

Le dispositif se compose d'un processeur ARM 9, de 32 Mo de mémoire et d'un connecteur Bluetooth. Côté utilisateur, il suffit d'installer un petit logiciel en Java sur son téléphone par SMS, et de posséder un appareil Bluetooth. Techniquement, il a tout de même fallu accélérer à l'extrême le protocole permettant à deux processeurs Bluetooth de se reconnaître. En temps normal, dix secondes étaient nécessaires. Ici, un clic sur son portable pour activer le logiciel et 20 millisecondes suffisent désormais pour que la puce et le téléphone communiquent.

Un nouveau média ?
Dotées de ce système, des affiches publicitaires placées dans la rue pourront interpeller les piétons… Du moins presque, puisque c'est au propriétaire de pointer son combiné vers l'affiche s'il veut en savoir plus sur cette publicité, profiter d'une promotion, ou participer à un concours. De la même manière, une affiche de cinéma munie de ce système pourrait donner une fiche d'information sur le film et indiquer les salles proches où celui-ci est projeté.

Proximité, instantanéité, interactivité : nous ne pouvons que constater l’émergence d’un nouveau mode de communication. Les médias traditionnels (publicité, télévision, presse, radio) sont bousculés par une nouvelle génération de consommateurs mobiles, qui surfent déjà allègrement sur Internet, et jonglent avec dextérité entre portables et autres lecteurs de MP3. Les marques commencent à prendre en compte cette volonté d’interagir plus facilement avec un environnement, aujourd’hui encore bien statique, et proposent la consommation de leurs produits et de leurs services sous un angle ludique. C’est dans cet esprit que le groupe New Order a fait appel dernièrement à la société Hypertag pour la promotion de son dernier album «Waiting for the Sirens Call». Une semaine avant le lancement du disque, les magasins HMV de Londres et de Manchester étaient décorés de posters interactifs, offrant gratuitement aux fans des extraits de clips, des sonneries de téléphones ou des images du groupe sur simple clic. Une première dans ce secteur qui devrait vite être copiée. Seule interrogation : ces technologies pourraient se voir concurrencer sur leurs terres par la RFID.



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