News Article -- November 17, 2004
Tout le monde en parle… La biométrie
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Reconnaissance d'iris et d'empreintes digitales, «scan» de la main et analyse de la voix… Ces technologies d’identification et d’authentification, sur la base de caractères physiologiques ou de traits comportementaux, quittent progressivement la sphère des films d’anticipation pour envahir notre quotidien.
Trois possibilités coexistent aujourd’hui pour faire la preuve de son identité. Montrer «ce que l’on possède» (une carte, un badge) en est une. Révéler «ce que l’on sait» (un mot de passe, par exemple) en est une autre. Cependant, ces deux premiers moyens d’identification peuvent être contournés pour usurper l’identité d’un tiers. Des études démontrent, en effet, que certains utilisateurs donnent facilement leur mot de passe à quelqu'un qui se fait passer pour un technicien. La technique biométrique («ce que l’on est») est plus sûre, dans la mesure où elle permet d'authentifier une personne, non pas grâce un élément qui lui est extérieur, mais grâce à une partie d'elle même. Fleuron de la biométrie, l'iris : un motif très dense et qui n'est pas dicté par les gènes. Dans toute photographie de l'iris, on dénombre plus de 200 variables indépendantes, ce qui donne une probabilité très faible de confondre deux individus. Les fans de James Bond se rappelleront que dans «Opération Tonnerre», le Méchant se fait justement greffer un iris pour pénétrer dans une zone protégée. Mais, il s'agit d'une fraude qui n'est pas (encore…) à la portée de tout le monde.
Notons qu’en matière de biométrie, tout n’est pas si nouveau - ou futuriste. L'une des techniques les plus connues du grand public est même centenaire. La découverte de la permanence des empreintes digitales de la naissance à la mort, de leur inaltérabilité et de leur individualité, avait ainsi permis d’identifier des récidivistes, sans recourir au marquage ou à la mutilation… Ce qui donne un caractère d’actualité au débat sur la biométrie est la baisse considérable des coûts. Les dernières générations de lecteurs d’empreintes digitales sont ainsi de petite taille et de faible coût, et s'adaptent à presque toutes les applications. À cette maturité industrielle se greffe un double mouvement : d’une part, un besoin renforcé de contrôle d'accès physique des individus ; d’autre part, l’évolution récente des supports de transaction physiques vers des flux numériques, plus difficiles à appréhender. Ces deux mouvements imposent aux autorités de se doter d'outils fiables d'authentification, afin de lutter, tant contre le danger extrême que représente le terrorisme, que contre la faible résistance des transactions numériques aux détournements frauduleux.
Des technologies déjà opérationnelles
Dans certains pays, où le besoin de sécurité est plus qu'un simple concept, de tels systèmes sont d’ailleurs déjà mis en śuvre : c’est le cas du contrôle par reconnaissance des visages des travailleurs journaliers palestiniens à la frontière d'Israël. Dans une zone géographique certes moins exposée, CSC vient de renforcer, à l’aide de techniques biométriques, le contrôle des passagers franchissant la frontière américano-mexicaine (la plus active au monde, avec un million de visiteurs par jour). CSC avait également assisté Air France dans une expérimentation grandeur réelle de mise en śuvre des nouvelles technologies de reconnaissance des empreintes digitales.
Certaines technologies d'identification sont donc opérationnelles pour permettre de nombreuses applications : inclusion d'un dispositif de reconnaissance vocale sur un téléphone portable pour empêcher qu'il ne soit utilisé par un tiers, inclusion du gabarit de l'empreinte digitale dans la puce d'une carte bancaire permettant de s'assurer que l'utilisateur de la carte est son titulaire, etc. Cependant, ces technologies ne peuvent suffire à tout le monde et sont jugées parfois trop intrusives. En Europe, l'empreinte digitale est considérée comme assez conviviale alors qu'au contraire en Asie, on préfère l'identification par l'iris. Considérant, par ailleurs, qu’une partie de la population pourrait être rejetée par un système ne se basant que sur un unique paramètre, l’amélioration des performances des systèmes de biométrie devrait passer par la multimodalité (la combinaison de plusieurs méthodes d’authentification). D’ailleurs, si l'odeur, les battements du cśur, l'irrigation sanguine, l’analyse de l’ADN, la façon d’utiliser un clavier d’ordinateur, entre autres, sont des techniques encore au stade expérimental, elles pourraient progressivement venir renforcer l'arsenal de l'authentification.
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