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L'innovation, un état d'esprit

10 juin 2008

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Au cœur de la stratégie des entreprises, l’innovation s’appuie sur des structures dédiées dont les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés. Elle se caractérise ainsi plus souvent comme incrémentale que comme innovation de rupture. L’innovation relèverait-elle en fait d’un état d’esprit à acquérir ? Un état d’esprit proche de la capacité d’étonnement philosophique…

Même si nous ne pouvons dire que la philosophie en tant que telle naît sur les rives des îles grecques aux alentours de 400 ans av. J.-C., les philosophes anciens ont toutefois, dans les écrits qui nous sont parvenus, caractérisé ce que sont les fondamentaux de la philosophie et les qualités requises pour être philosophe. Aristote, dans sa Métaphysique, montre que la première qualité qu’un philosophe doit posséder, c’est la capacité d’étonnement.

La capacité d’étonnement, première qualité d’un philosophe

Cette capacité d’étonnement est la capacité à rester en permanence en éveil face à l’environnement, et à observer de façon continue le monde qui l’entoure. Les premiers étonnements philosophiques, nous précise Aristote, portaient sur les phénomènes de la Lune, du Soleil, des étoiles ou la genèse de l’univers.

Au-delà de la nature, ces étonnements portaient bien évidemment sur l’Homme : Qui est-il ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien… Quels que soient les sujets, cette capacité à s’étonner n’a cessé d’être le fil conducteur de toute l’histoire de la philosophie, d’Aristote à Kant, de Descartes à Foucault et, encore aujourd’hui, chez certains philosophes contemporains.

Faire de l’innovation un état d’esprit

Il nous semble intéressant de mettre en parallèle la façon de s’étonner et la façon d’innover. Comment innove-t-on en entreprise ? Qui en est responsable ?
Aujourd’hui, nombreux sont les supports pour aider l’entreprise à innover, qu’ils soient externes ou internes, qu’ils se nomment cabinets de tendances ou de prospectives, départements études quantitatives ou qualitatives, services R & D, ou encore plus récemment les clairement nommés : « Services innovations ».

Même si le discours général d’entreprise annonce que chacun des collaborateurs doit apporter sa pierre à l’édifice en termes d’innovation, il s’avère qu’opérationnellement, le développement de nouveaux produits ou services se trouve, en quelque sorte, cristallisé dans des cellules spécifiques.

Deux écueils, dès lors, sont à souligner. Le premier est le désengagement probable des collaborateurs assurés qu’un service est, par ailleurs, dédié à cette recherche. Le second est plus complexe et vient en écho à la capacité d’étonnement philosophique que nous venons de voir.




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