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Nouvelle technologie destinée à concurrencer la 3G et l’ADSL, le Wimax est passé en peu de temps de l’engouement initial au doute. Les premiers déploiements ont soulevé des questions sur ses performances et sa place au sein d’un paysage télécom déjà encombré. Une technologie qui semblait plus performante sur les présentations des équipementiers que sur le terrain. Aujourd’hui, la stratégie déployée par l’opérateur américain Clearwire, pionnier du Wimax, donne un nouvel éclairage sur le potentiel réel de cette nouvelle technologie.Les performances annoncées font de Wimax une technologie idéale pour couvrir des zones étendues où les technologies alternatives sont peu présentes : 70 Mbps sur un rayon de 70 km… Procédé radio haut débit, le Worldwide Interoperability for Micro-wave Access permet de véhiculer des données sur une longue distance. Bien qu’il soit supérieur au Wi-Fi en couverture et en fonctionnalités, ses performances théoriques résistent mal à la pratique. La borne Wimax est partagée entre les utilisateurs de la zone. Le débit peut donc rapidement chuter si de nombreux utilisateurs se connectent simultanément.
L’implantation d’antennes de forte puissance se heurte à des contraintes de déploiement. Enfin, les bandes de fréquence allouées au Wimax sont différentes d’une zone à l’autre et même d’un pays à l’autre, ce qui freine standardisation et baisse des coûts.
À l’origine, une solution haut débit en milieu ruralInitialement, l’objectif du Wimax est d’apporter le haut débit au sein des zones peu denses. En effet, les utilisateurs situés loin des répartiteurs disposent de performances DSL faibles et la couverture 3G est très incomplète.
Cependant, la nature même de cette population, dispersée et moins consommatrice de technologies, rend le pari difficile sans un financement public. Au contraire, en zone urbaine, le Wimax, heurte de front les technologies bien établies comme l’ADSL, 3G et Wi-Fi.
Wimax, une technologie urbaineOn aurait pu penser que le Wimax apporterait une réponse à la « fracture numérique ». Pourtant, la stratégie de Clearwire va à l’encontre de cette vision, en s’implantant massivement sur des zones denses, déjà desservies en haut débit et en vantant un moyen d’accès simple, rapide, portable et fiable qui permet de « couper le cordon » (sous-entendu le câble ou la ligne téléphonique).
Jusqu’à fin 2006, Clearwire s’est focalisée sur des villes américaines moyennes, denses et moins concurrentielles que les très grandes. Puis, elle a déployé son réseau sur deux grandes agglomérations : Durham-Raleigh et Seattle, soit un total de 3,4 millions de foyers. À l’étranger, elle possède des licences à Dublin, Bruxelles et Séville. Les raisons de cette stratégie sont simples : en offrant un potentiel de clients concentrés, les zones urbaines présentent des coûts d’acquisition bien inférieurs aux zones rurales.
De plus, la population des villes est plus sensible aux arguments d’une nouvelle technologie. Parmi les clients de Clearwire, 60 % l’étaient déjà d’une technologie haut débit avant de souscrire à un abonnement Wimax. Une évidence s’impose : pour couvrir les zones rurales, les collectivités locales devront participer financièrement.
Équipementiers : des progrès à faireÀ l’instar de la plupart des technologies nouvelles, le Wimax semble souffrir d’un manque de maturité. Les utilisateurs devront supporter ses errements de jeunesse sur au moins trois aspects : la fiabilité, la richesse fonctionnelle et le coût des modems. Beaucoup d’utilisateurs ont en effet été déçus par les performances de la technologie Wimax. Clearwire annonce un taux de perte clientèle supérieur à 2 % par mois. Chiffre très important pour un opérateur nouveau dont un grand nombre de clients sont encore en pleine période d’engagement.
La simplicité fonctionnelle mise en avant par Clearwire est parfois spartiate. L’absence de mobilité supportée fait perdre la connexion en voiture. Le service de téléphonie IP très lent alourdit l’acheminement des données de localisation. Enfin, le débit plafonne à 3 Mbps en téléchargement. Bref, on est loin des performances mirifiques promises par le Wimax Forum. Quant aux modems Wimax, ils nécessitent un coût supplémentaire de 230 euros. L’intégration de cet élément en standard dans les PC (à l’instar du Wi-Fi) est promise en 2008 par Intel, et l’arrivée des téléphones WIMAX est annoncée mais toujours reculée…
France : un déploiement à la traîne ?À la différence des États-Unis, où les licences pour les fournisseurs d’accès ont été accordées sur une base locale, la France a choisi une répartition par région. On recense ainsi 48 licences (deux par région métropolitaine + Guyane et Mayotte), réparties entre trois grands prestataires : Bolloré Télécom sur 12 régions, Altitude Télécom sur 11 régions et HDRR, filiale de TDF, sur 10 régions. Par ailleurs, les conseils régionaux ont hérité de 6 licences.
L’importance des attributions auprès des conseils régionaux souligne la volonté française de privilégier les zones peu desservies en technologies haut débit traditionnelles. Aujourd’hui, les déploiements du Wimax restent embryonnaires et le lancement commercial discret, la France préférant miser sur le développement de l’ADSL et de la fibre optique.
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