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L’informatique se met au vert

18 mars 2008

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Loin de se limiter à un simple effet de mode ou à un outil de communication, l’informatique verte devient un véritable enjeu stratégique pour toutes les entreprises. Une activité écologiquement responsable est aujourd’hui un atout concurrentiel. C’est aussi un gage de profitabilité.

L’informatique verte (ou « Green IT ») a le vent en poupe. Des grands groupes aux petites entreprises, nombreuses sont les sociétés qui s’intéressent de près à cette nouvelle façon de concevoir l’informatique d’entreprise.

Mais qu’implique exactement ce concept ? Pour Douglas Neal, chercheur au Leading Edge Forum, le centre de veille technologique de CSC, « la Green IT ne se limite pas à l’examen approfondi de la consommation électrique des ordinateurs et des centres d’hébergement. » Une consommation qui est certes importante, mais reste finalement minoritaire au niveau de l’entreprise. « Cela porte au contraire sur une utilisation des technologies de l’information pour réduire la consommation énergétique dans toutes les activités, quelles qu’elles soient. »

Un vent favorable
Les raisons de cette prise de conscience sont multiples, et ne se limitent pas à la seule volonté de lutter contre le réchauffement climatique ou d’être dans l’air du temps. Elles tiennent aussi à l’augmentation du coût de l’électricité, qui a un impact évident sur la viabilité des affaires. Et au fait que les entreprises sont confrontées à une augmentation vertigineuse de la consommation électrique de leurs centres d’hébergement (elle a plus que doublé aux États-Unis depuis l’an 2000). Elles se voient aussi de plus en souvent infliger des pénalités financières en fonction des émissions de carbone qu’elles génèrent.

La vigilance des groupes d’actionnaires et des mouvements écologistes s’accroît également. Si bien qu’au final, « le facteur décisif n’est pas tant la conscience écologique des membres d’un service informatique que l’énorme pression à laquelle vont se trouver confrontées les entreprises, tant d’un point de vue politique, qu’économique ou médiatique », selon Douglas Neal. Il ne peut être question de communiquer sur l’environnement si des mesures tangibles n’ont pas été adoptées.

Qui dit Green IT, dit mesure
Prouver son éco-responsabilité implique de mesurer. Des capteurs sont essentiels pour jauger avec précision la consommation de chaque élément du système d’information et des autres équipements de l’entreprise (ventilation, éclairage, climatisation, etc.). Les données recueillies par les capteurs sont restituées sur des tableaux de bords évolutifs, permettant d’optimiser la consommation énergétique de chaque équipement. Par exemple, Adobe a ainsi - pour 135 euros (200 dollars) – ajusté et reprogrammé des capteurs dans le parking de son siège social, ce qui lui a permis de réduire sa consommation d’électricité de 67 000 euros (98 000 dollars) annuellement.

La Green IT nécessite une action concertée des directions des systèmes d’information (DSI) avec tous les services de l’entreprise. Selon Douglas Neal, « les départements en charge des services généraux et des équipements doivent impérativement être associés. Il est même important de sensibiliser tout un chacun sur les gains financiers à attendre d’un tel changement, insiste-t-il. Cela ne nécessite pas un investissement colossal – de premiers appareils de mesure sont disponibles pour 17 euros – mais il faut regarder toutes sortes de petites choses, allant de l’éclairage, à la mise en veille systématique des stations de travail inactives, en passant par le chauffage ou encore la climatisation. »

Concernant les technologies, les entreprises vertes trouvent un allié de force dans les solutions de virtualisation comme VMware, qui les aident à partitionner leurs machines physiques existantes en plusieurs sous-machines virtuelles. Et à utiliser ainsi pleinement les équipements dont elles disposent déjà. De nouvelles versions de VMware permettront bientôt d’allumer et d’éteindre les ordinateurs, au gré des besoins. Ces solutions peuvent permettre de réduire par dix le nombre de serveurs.

Responsabiliser les individus
En phase avec l’évolution actuelle des services en ligne, plus interactifs et souvent qualifiés de Web 2.0, l’utilisateur est au centre du développement durable. Les fameuses « mash-ups », des applications composites, facilitent désormais la mise en place d’outils personnalisés, où l’utilisateur a son mot à dire. « Le point de rencontre du Web 2.0 et de l’informatique verte, c’est la responsabilisation », martelle Douglas Neal. Un exemple : Sun Microsystems a récemment ouvert une nouvelle communauté en ligne (Openeco.org) permettant aux membres d’évaluer et de comparer individuellement la performance environnementale de leur société.

Bien entendu, les DSI sont aux avant-postes de cette montée en charge de l’individu. Charge à eux d’inciter les salariés à se mobiliser et de contribuer à une nouvelle transformation de l’organisation du travail, après celle de la démocratisation des ordinateurs personnels. Il leur revient, par exemple, aujourd’hui de promouvoir de nouveaux outils de travail collaboratif et de visioconférence, limitant les déplacements.


Liens associés

CSC: Green IT Initiatives (en anglais)



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