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Vieillissement des populations, mondialisation des économies… le secteur européen de l’assurance connaît d’importantes mutations. Ces dernières ont pour conséquences directes une course à la compétitivité et une multiplication des produits. Dans ce contexte de transformation du marché, les assureurs recherchent de plus en plus une offre de services globale pour mettre sur pied des applications immédiates, au service de leur stratégie et de leurs performances.Les acteurs européens de l’assurance sont confrontés à un certain nombre d’évolutions touchant à chacun des aspects de leur activité : modifications des marchés et des comportements des acteurs, demandes de nouveaux produits et de nouveaux modes de distribution, apparition de nouveaux entrants, évolutions législatives… Des enjeux nombreux qui se traduisent par des efforts pour se maintenir en course, mais également par de nouvelles opportunités à saisir.
L’impact de la démographieLa première grande tendance de fond touchant les assureurs est sans conteste le vieillissement des populations européennes et son impact sur les régimes de retraite par répartition. Pour ces raisons démographiques, en effet, les régimes généraux de retraite mis en place par les «États-providence» s’avèrent notoirement insuffisants pour offrir une retraite décente aux assurés sociaux.
Afin de garantir le maintien de leur niveau de vie, les futurs retraités doivent se tourner de plus en plus vers des solutions complémentaires, collectives ou individuelles. «Ceci entraîne naturellement un développement de la demande d’assurance-vie et amène les assureurs à proposer des produits innovants à destination des futurs retraités, tels que des produits à annuités variables, ou des assurances dépendance (
long term care insurance)», explique Lieven Verhaevert, partner en charge des services financiers chez CSC en Belgique.
Corollaire de cette question démographique, «on constate une tendance à la désépargne, c’est-à-dire à l’utilisation des placements pour ‘consommer’», note Antonio Cano, directeur général
Bank Channel and Life Insurance Development chez Fortis Belgium. «Cette tendance implique une nouvelle approche marketing, car les clients veulent être conseillés sur la meilleure façon d’utiliser leur argent, notamment en vue de transmettre le patrimoine constitué aux jeunes générations.»
La mondialisation des risquesAutre grande tendance de fond : la mondialisation des économies. Elle est marquée par la croissance des pays émergents, mais aussi par la multiplication des risques industriels, juridiques, commerciaux, financiers, géopolitiques ou climatiques. Pour se développer ou simplement pour survivre dans cet environnement, les grands assureurs cherchent à acquérir une taille critique, une dimension internationale, ou encore des relais de croissance dans les zones émergentes.
Des développements qui incitent les acteurs à se regrouper, à se racheter, à fusionner à l’échelle planétaire, comme le montrent le rachat du Suisse Winthertur par le Français Axa ou encore l’acquisition de Travelers et de l’activité d’assurance de Citigroup par MetLife en 2005.
La course à la compétitivitéParallèlement au développement de nouveaux produits et services, directement lié à l’évolution démographique européenne, on assiste aujourd’hui à une montée en puissance des produits et des fonds investis sur les marchés obligataires ou d’actions. «Sur ces produits, les prix doivent être très compétitifs, car le client supporte lui-même le risque. Là aussi, les clients souhaitent de plus en plus être conseillés, et les assureurs doivent être en mesure de répondre à leurs demandes pour gérer leur investissement», précise Lieven Verhaevert. Ceci dans un contexte où « le faible niveau des taux d’intérêt (4% en Europe, 4,25% aux États-Unis) restreint les marges d’investissement », souligne de son côté Antonio Cano.
Ainsi, la compétition entre assureurs s’accroît pour détenir le plus grand volume, la plus grande part de marché possible sur les encours, seule manière de dégager une rentabilité à la marge. C’est, là encore, un facteur qui vient renforcer les mouvements de concentration des acteurs. Enfin, la gestion de ces produits oblige également les assureurs à être en mesure de conforter la fidélité du client, mais aussi des partenaires de distribution, agents et courtiers, en proposant des accès permanents, des outils de gestion, des portails d’information…
Les évolutions de la législationDernier mouvement de fond notable, l’impact des directives Solvabilité II (« Solvency » en anglais) qui a pour objectif d’harmoniser les réglementations nationales relatives à la solvabilité des assureurs et à la gestion de leurs fonds propres. Ces nouvelles normes définissent les règles de calcul du montant des réserves légales, c’est-à-dire du capital à immobiliser, à soustraire aux risques de marché, pour couvrir les risques pris par ailleurs.
L’ère du « cross channel »De manière globale, la réponse des assureurs à ces nouveaux enjeux, de même que leur réflexion sur les nouveaux produits, ne peut se comprendre sans aborder la question des canaux de distribution, dans un contexte marqué par des exigences toujours plus grandes de la part des clients. «Les consommateurs demandent des produits plus transparents, ils souhaitent comprendre comment sont fixés les rendements et les frais», constate Antonio Cano, de Fortis. Le client veut également pouvoir accéder au produit et à sa gestion quand il le désire, aussi bien par son courtier que sur Internet ou via sa banque. C’est ainsi que ce
cross channel selling est devenu la tendance incontournable pour la distribution des produits.
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