Planification insuffisante et problématiques culturelles : deux facteurs qui ralentissent l'acquisition d'un avantage concurrentiel plus marquéUne
étude récente menée conjointement par CSC et le bimestriel Supply Chain Management Review révèle que la plupart des entreprises ont du mal à mettre en œuvre un vaste programme de gestion de la chaîne logistique («supply chain management»). Sur une échelle de 1 à 5, où 5 signifie une chaîne logistique élaborée utilisant des outils Web et impliquant des partenaires-clés externes, près de 90% des 142 participants se situent entre les niveaux 1 et 3.
La plupart d'entre eux se situent aux niveaux 1 et 2, dans lesquels les initiatives en matière de supply chain sont confinées au sein de l'entreprise. «Lorsque l'on sait que la moitié des responsables sondés n'a aucune stratégie formelle en matière de supply chain et ne connaît pas l'impact de ses initiatives sur ses revenus, ces chiffres ne sont pas surprenants,» explique Chuck Poirier, auteur de sept ouvrages de référence sur le supply chain management et partner chez CSC.
«Moins de 17% des personnes interrogées déclarent avoir des activités logistiques parfaitement alignées à leur stratégie d’entreprise. Sans une stratégie ou des outils d'évaluation adaptés, les initiatives ne sont pas liées au business plan, elles ne peuvent pleinement montrer leurs résultats et il leur manque par conséquent le soutien de la direction nécessaire pour exploiter tout leur potentiel.»
L'étude a également mis en évidence une confiance excessive dans la technologie, avec des responsables qui soutiennent des investissements dans une grande variété de progiciels. Les solutions les plus citées incluent l'ERP (63%), la planification des stocks (53%), les applications Web (52%), la planification et la programmation avancées (48%), les systèmes d'e-procurement (47%), les systèmes de gestion d’entrepôt (warehouse management) (42%) et les échanges B2B (41%).
«Avec de tels investissements, les entreprises devraient être plus avancées que ce qu'elles ne le sont réellement,» commente Chuck Poirier. «Voilà encore un exemple d’une recherche de ’’l'arme fatale’’ dans des solutions progicielles. Nombreuses sont les entreprise qui ont acquis des applications de pointe avant d'entamer l'amélioration des processus nécessaire à l'application performante de la technologie.»
Les problématiques culturelles continuent à jouer un rôle dans l'adoption du supply chain management. Seuls 40% des répondants disent que leur direction logistique travaille effectivement avec leur direction informatique. Chuck Poirier ajoute que «le grand nombre de répondants se situant aux niveaux 1 et 2 montre que les entreprises se battent toujours sur des questions de confiance associées au partage des processus et à l'accès des personnes externes».
Les programmes de supply chain management continuent pour autant à faire leurs preuves parmi ceux qui soutiennent activement les initiatives. Plus de la moitié des répondants est déjà parvenue à économiser plus de 5% sur ses coûts opérationnels. Un quart des répondants affirme avoir enregistré une augmentation de 1% à 5% de ses revenus et près de 15% déclarent avoir augmenté leurs revenus de 6 à 10%.
Selon Chuck Poirier, les entreprises continuent à courir après les économies d'échelle plutôt que de poursuivre les bénéfices à long terme et d’étendre leur chaîne logistique. «Ceux qui se concentrent exclusivement sur les aspects internes ne font que réduire leurs coûts,» poursuit-il. «Ils sont dès lors très loin de réaliser de bons résultats sur leurs bénéfices potentiels. C'est un peu surprenant lorsque l'on sait que trois répondants sur quatre affirment que leur CEO considère le supply chain management comme une source d'avantage concurrentiel.» «Tandis que l'accent mis sur la réduction des coûts l'emporte, IDC remarque également un nombre croissant d'entreprises considérant leur chaîne logistique comme un moteur-clé de leur avantage concurrentiel,» explique Romala Ravi, reponsable du programme de recherche sur la logistique chez IDC.
«En dépit de cette tendance de plus en plus marquée, la prochaine étape verra ces entreprises investir dans des initiatives logistiques rapidement mises en œuvre et liées aux processus métiers sous-jacents. Les projets étant plus ciblés, les entreprises se tourneront vers leurs fournisseurs, pour qu'ils les aident à mettre en place un calendrier de lancement et rattacher les plus petits projets à une stratégie logistique plus vaste et plus significative.»
Les personnes interrogées ont cité «l'engagement visible et actif de la direction» comme étant le premier grand facteur de succès des projets mis en œuvre (61%). «Des mesures de la performance alignées aux résultats escomptés» arrivent en seconde position (56%). «Des facilitateurs technologiques éprouvés et opérationnels» n'occupent que la cinquième place, ce qui, selon Poirier, suggère que l'on reconnaisse de plus en plus que la technologie à elle seule ne constitue en rien une solution.
Selon l'étude, la haute technologie, les télécommunications et les grossistes sont en tête. Les secteurs montrant les progrès les plus faibles sont les biens de consommation, le secteur public et la pétrochimie.
Cette étude a été menée pendant l’été 2003. Elle a été envoyée aux lecteurs de la Supply Chain Management Review et à une centaine de clients de CSC assumant des responsabilités dans le supply chain management. La moitié des répondants représente des sièges sociaux ou des entreprises indépendantes. L'autre moitié assume des fonctions de direction au sein d'entreprises ou de filiales à 100%. Les secteurs représentés comprennent : l'aérospatial et la défense, la chimie, les biens de consommation, le secteur public, les soins de santé, la technologie, l’industrie, les médias et les loisirs, la pétrochimie, les services professionnels, la vente au détail, les télécommunications, le transport, les entreprises d'utilité publique et les grossistes.