News Article -- Juillet (mois) 29, 2007
Technologies de l’information : le secteur public, moteur de compétitivité en Europe
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Chaque année, le Forum économique mondial (FEM) classe les pays selon leurs performances dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). L’Europe du Nord, et en particulier le Danemark, prend la tête du classement. Fruit du succès : la performance de l’administration électronique danoise. Dans ce domaine, l’Allemagne et l’Italie progressent également. Outre-Rhin, l’administration fédérale procède depuis 2000 à une modernisation ambitieuse de l’ensemble de ses services publics en ligne. Côté transalpin, grâce entres autres à la mise en place de processus informatisés, les efforts consentis pour diversifier les activités de l’opérateur postal national ont payé. Éclairages.
La compétitivité mondiale n’a jamais été aussi dynamique. C’est ce que révèle le Rapport sur la compétitivité mondiale 2006-2007 du Forum économique mondial (FEM), qui attribue un rôle déterminant aux NTIC dans le développement du secteur public comme privé. Les NTIC stimulent l’ensemble de l’économie : investissements, production et utilisation.
Aujourd’hui, avec notamment le déploiement des progiciels de gestion intégrée dans les entreprises et les administrations, après la révolution Internet et maintenant avec la vague du Web 2.0, les NTIC contribuent à l’émergence de nouveaux modèles économiques ouverts sur les partenariats et la mondialisation.
L’Europe du Nord montre la voie
Le FEM classe chaque année les pays en fonction de l’avancée des réformes définies par la stratégie de Lisbonne. Lancée en mars 2000, cette stratégie vise à faire de l'Union européenne «l'économie la plus dynamique et la plus compétitive du monde d'ici 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale».
Depuis sa première parution en 2001, le rapport du FEM est devenu un outil d’observation indispensable pour déterminer les forces et les faiblesses économiques des pays, et évaluer leurs progrès. Il établit son classement sur la base de trois éléments majeurs : l’environnement politique et économique du pays, le niveau de développement technologique et le degré d’utilisation des NTIC. C’est dire combien la compétitivité est désormais liée aux NTIC.
Selon le rapport de la Commission européenne de décembre 2006, les NTIC ont contribué pour 50% environ à la croissance de la productivité de l’Union européenne sur la période 2000-2004. Le secteur des logiciels et services montre d’ailleurs la croissance la plus rapide, avec un taux de 5,9% en 2006.
Comme le commente Augusto Lopez-Claros, coauteur du rapport du FEM, «l’Europe du Nord est entrée dans un cercle vertueux : une gestion responsable a permis des investissements dans la formation et les équipements informatiques. Cela a contribué à élever le niveau de compétence des individus et leur autonomie».
L’administration danoise comme tremplin
C’est le Danemark qui bénéficie de l’économie la plus compétitive de l’Union européenne, suivi par la Finlande et la Suède. Cette première place s’explique «par une politique active en matière d’e-gouvernement, tirant parti notamment d’une libéralisation du secteur des télécommunications très précoce, explique Irina Mia, coauteur du rapport du FEM, le Danemark a bénéficié d’une vision claire de son gouvernement en matière de NTIC et d’une politique active pour favoriser leur pénétration et leur usage. Le pays s’appuie sur un marché intérieur particulièrement actif combiné à des efforts en matière d'éducation et de R&D.»
Les entreprises danoises sont les premiers utilisateurs d’Internet et du commerce électronique d’Europe. Le gouvernement n’est pas en reste puisqu’il travaille avec CSC depuis trente ans à l’informatisation de nombreuses fonctions, telles que l’administration fiscale ou la facturation des marchés publics. À terme, le gouvernement danois pense dégager de cette rationalisation une économie de 100 millions d'euros .
Des défis technologiques et commerciaux
Aujourd’hui, l’Europe doit se donner les moyens de faire face à d’importants défis si elle veut parvenir à la maîtrise des NTIC pour réaliser la «société de la connaissance» définie à Lisbonne. Outre les faiblesses à combler, comme le déficit commercial du secteur ou l’écart d’investissements en R&D avec les États-Unis et le Japon, l’Europe devra réagir au dynamisme de pays émergents comme la Chine ou l’Inde.
Il lui faudra trouver sa place dans les évolutions techniques, telles que les réseaux hauts débits à faible coût, la télévision et la radio numériques, l’administration électronique ou l’identité électronique. Elle aura aussi à tenir compte des nouvelles contraintes du marché : ralentissement pour les systèmes d’exploitation, reprise pour les progiciels intégrés, croissance dans la sécurité des systèmes ouverts et débuts prometteurs des architectures orientées services (SOA).
Enfin, pour faire face à la mondialisation, l’Union européenne devra innover, développer de nouveaux processus, de nouveaux modèles économiques, mais également élaborer des politiques de recherche, d'éducation et d'innovation.
Des atouts , une volonté affichée
Pour relever ces défis, l’Europe pourra s’appuyer sur ses nombreux atouts. Elle devra se positionner en pilote pour favoriser l’émergence de produits innovants ; déployer les expériences des pays d’Europe du Nord en matière de service public électronique ; enfin, renforcer les «réseaux» européens pour développer des services à valeur ajoutée : conseil, conception intensive de la connaissance, conduite de projet, R&D, architecture système, intégration des NTIC et processus métiers.
L'Europe prévoit d'investir 9,1 milliards d’euros dans les NTIC jusqu'en 2013, en recherche et développement. En comptant les 3,6 milliards du programme pour l'innovation et la compétitivité, ce sont 12,7 milliards d’euros que l'Union européenne va investir pendant les six prochaines années dans les technologies et services innovants.
Le chemin reste long, mais l’Europe peut s’appuyer sur ses atouts techniques et humains et, désormais, sur une volonté clairement affichée de se donner les moyens de ses ambitions.
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