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Tout le monde en parle… Le «grid computing»
15 décembre 2003
A l'occasion du OracleWorld Paris 2003, Larry Ellison en personne, CEO de l’éditeur américain, a qualifié le «grid computing» (ou calcul partagé) de plus grande révolution informatique depuis quarante ans. Jusqu’hier encore, le mot à la mode était la toile. Aujourd’hui ce serait la grille. Qu’y a-t-il vraiment derrière ce terme ?
Le terme «grille de calcul» est la traduction de «grid computing», un néologisme apparu vers la fin des années 1990 pour qualifier la disponibilité de grandes quantités de ressources (calcul, stockage, services et applications) sur les réseaux informatiques. Alors que le Web permet d’acheminer rapidement une information déjà traitée, le principe de la grille est de rechercher et d’utiliser des quantités colossales de puissance informatique à travers un réseau mondial de plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs et de mémoires interconnectés. Les premières technologies de grilles de calcul sont apparues il y a quelques années sous le nom de calcul global ou de «peer-to-peer». Les deux plus célèbres exemples sont Seti@home (lancé par la Nasa pour la recherche de signaux extra-terrestres) et Napster pour l'échange de musique sur Internet. Au même moment, le système Globus était développé pour relier ensemble des supercalculateurs américains et construire ainsi un calculateur parallèle encore plus puissant. Autre projet pionnier : l’Information Power Grid (IPG) de la Nasa rassemble des ordinateurs, des unités mémoire et des instruments scientifiques géographiquement dispersés. CSC a conçu les logiciels pour aider l’IPG à gérer ces ressources, et lui permettre d’effectuer des simulations concernant aussi bien un avion, une cellule vivante ou la totalité de l’espace aérien commercial des Etats-Unis. Ces modèles et logiciels sont les plus célèbres. Cependant, ils ne constituent que les premières versions des modèles de calcul distribué.
Fondé sur un principe vieux comme le monde, «l’union fait la force», ce concept ouvre en effet de larges horizons à l’analyse de données et à la résolution de calculs dans différents domaines : la simulation d’explosion nucléaire, le décodage du génome humain, la démultiplication de la puissance des futures consoles de jeux, le développement de nouveaux matériaux ou médicaments, l’optimisation de formes complexes comme celles d'un avion, la prévision de la météo, des risques naturels ou de l'évolution de la bourse, etc.
Le «grid computing» entre peu à peu dans les entreprises Le «grid computing» est au cœur d’enjeux économiques. De nombreux secteurs sont déjà identifiés, aux premiers rangs desquels l'énergie, la finance, les biotechnologies et les grands industriels. Le réseau des ressources informatiques ouvre cependant des perspectives nouvelles non seulement pour la recherche mais également pour l’ensemble de l’économie.
Avec un taux moyen d'utilisation effective de 10 à 20%, la majorité des ordinateurs des entreprises passent leur temps à somnoler plutôt qu'à calculer. Certes, ce constat n'est pas nouveau. Mais la compression des budgets informatiques incite aujourd'hui les entreprises à tester de nouvelles approches pour rentabiliser au maximum leur parc de machines. La mutualisation des ressources à l’intérieur d’une grande entreprise, la démultiplication à faible coût de la puissance de calcul et la possibilité de faire face sans investissement lourd à de brusques besoins de stockage ou de calcul, pourraient en cela séduire les entreprises.
Jusqu’ici, la plupart des projets demeuraient des projets scientifiques. Pour autant, le calcul distribué entre peu à peu dans les entreprises. Sur le marché des services financiers, par exemple, les changements se mesurent en seconde et le moindre retard peut en effet se traduire par des pertes significatives. La Société Générale a donc opté pour une solution de mutualisation des ressources pour gérer et optimiser la performance de ses applications de calcul en temps réel ou différé des salles des marchés. D’autres exemples comment à voir le jour dans le secteur automobile (des simulations plus nombreuses sont la promesse de voitures plus sûres), des loisirs (des images plus rapides, avec un meilleur rendu), etc.
Plutôt que d’investir sur des ordinateurs et des unités mémoire, les entreprises pourraient d’ailleurs bientôt acheter de la capacité de calcul et de stockage en payant ce qu’ils ont consommé, comme elles achèteraient de l’électricité. Dans un modèle de type «utilities», la capacité des infrastructures est toujours disponible n’importe quand et n’importe où, prête à être utilisée. Ce genre de solution pourrait s’imposer de plus en plus aux entreprises, qui s’efforcent d’accroître leur agilité tout en réduisant le coût des logiciels et de la maintenance.
C’est déjà le principe du service «e-HPC» (High-performance computing) de CSC, dont les prestations, correspondant à un niveau de performance élevé, sont facturées en fonction de leur utilisation. Alors que le coût d’un supercalculateur est beaucoup trop élevé pour la plupart des entreprises, celles-ci peuvent puiser dans les ressources de CSC pour répondre à des besoins spécifiques.
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