CSC et l’opérateur allemand E-Plus adaptent l’i-mode à l’Europe
E-Plus, le troisième opérateur allemand de télécommunications, souhaitait offrir à ses clients actuels et futurs la possibilité de lire leur courrier électronique, de surfer sur le Web et d’effectuer des transactions par Internet via leur téléphone mobile. L’opérateur sollicita CSC en Allemagne pour adapter la technologie i-mode à son infrastructure mobile européenne, en d’autres termes pour élaborer à partir de zéro une plate-forme d’échange de données pour terminaux mobiles.
Cette filiale du géant néerlandais des télécoms KPN a en effet retenu l’imode comme pierre angulaire de ses services de données mobiles sur i-mode, une technologie à l’origine créée par l’opérateur mobile japonais NTT DoCoMo. L’implantation de l’i-mode en Allemagne nécessitait pour autant une refonte importante des systèmes et de leur architecture. Le projet, lancé au printemps 2001, s’est vu attribuer la distinction la plus élevée au sein de CSC, le Prix de l’excellence technique («Award for Technical Excellence»), remis par le centre de veille et d’analyse des nouvelles technologies de CSC, le Leading Edge Forum. Pour l’édition 2003 de ces trophées, plus de 70 projets avaient été nominés et seuls six ont remporté un prix.
I-mode, lancé au Japon par NTT DoCoMo en 1999, est utilisé par près de 46 millions d’abonnés. Sur le plan technique, la technologie i-mode superpose la méthode de transmission des données par «commutation de paquets», toujours active, à une architecture de réseau vocal plus classique à «commutation de circuit» (la communication doit alors être établie par numérotation). Grâce à cette astuce technologique, les utilisateurs de téléphones i-mode peuvent bénéficier de services comme l’envoi d’e-mails ou de messages instantanés, les prévisions météorologiques et les résultats sportifs. Ils peuvent avoir accès à des jeux, télécharger des animations et des images, utiliser des services de banque et de bourse en ligne, chercher un restaurant, ou encore réserver des places d’avion ou de train. Les entreprises, elles aussi, font de plus en plus appel à l’i-mode pour leurs applications internes, telles que l’accès aux bases de données de l’entreprise par les ingénieurs commerciaux en déplacement. NTT DoCoMo a commencé à exporter le concept de l’i-mode en Europe et en Asie en 2002, via des accords de licence avec des opérateurs locaux. Les défis L’équipe de CSC a dû relever de nombreux défis pour élaborer la plate-forme i-mode d’E-Plus. En raison de différences techniques et commerciales entre l’Allemagne et le Japon, il fallait en effet concevoir et développer une nouvelle plate-forme technique pour le marché allemand. La technologie européenne de commutation de paquets pour téléphonie mobile s’appuie sur les normes GSM/GPRS, ce qui n’est pas le cas du Japon, et il fallait donc adapter l’i-mode à la technologie européenne. Les contenus souhaités pour le nouveau service rendaient le projet encore plus complexe. Dans le modèle cloisonné classique qu’épousent les services mobiles d’échange de données, l’abonné n’a accès qu’aux contenus contrôlé par son opérateur de réseau mobile. L’opérateur doit alors acheter des contenus à l’intention de ses clients, ce qui limite le nombre et le type de services disponibles. La nouvelle plate-forme d’E-Plus fait office de courtier en contenus en mettant en relation des prestataires de contenus tiers et les abonnés mobiles. Dans le modèle d’E-Plus, les fournisseurs de contenus peuvent proposer des services de divertissement, d’actualités, d’autres contenus encore et des services transactionnels. Les fonctionnalités de la plate-forme i-mode d’E-Plus permettent à ces fournisseurs d’offrir et de vendre aisément leurs services, pour un coût modique. Comme la plate-forme remplit une fonction de courtage en contenus et n’est pas un simple portail Web fermé, CSC a dû définir de nouveaux processus pour traiter l’intégration des contenus des partenaires. Et, logiquement, il a fallu mettre en œuvre des outils de gestion de ces processus.
La plate-forme i-mode a été conçue et réalisée par CSC, et est entrée en exploitation en mars 2002. Ses fonctionnalités couvrent aujourd’hui la sécurité, les accès, la gestion des utilisateurs, la réservation des ressources, la facturation, le recouvrement, la gestion des répudiations, les services d’annuaire et la gestion des services tiers. Comme la plate-forme était la première de ce type en Europe, les processus requis devaient être soit entièrement créés, soit adaptés à partir de processus existants au sein d’E-Plus. La plate-forme étant fondée sur des technologies Internet standards, les fournisseurs de contenus peuvent proposer des services mobiles tels que du paiement à l’acte ou des services géolocalisés à peu de frais, sans devoir recourir à des interfaces API («application programming interfaces») ou des extensions propriétaires. Ces fournisseurs de contenus peuvent adapter des services Web existants en utilisant des enrichissements ihtml (une version mobile du HTML) et en réduisant les affichages et la demande en mémoire, les ressources étant plus limitées sur un terminal mobile. D’autres technologies Internet standards, par exemple les cookies, peuvent être mobilisées. Un excellent départ Depuis son passage en exploitation, la plate-forme n’a connu aucun problème ni aucune coupure majeure. Plus de 130 partenaires de contenus et 180 services surtaxés sont raccordés à la plate-forme. Le premier fournisseur de contenus a réalisé plus de 300.000 euros de chiffre d’affaires sur les 10 premiers mois d’exploitation et le service compte environ 150 000 abonnés. KPN avait misé publiquement sur 1 million d’abonnés. Au premier trimestre 2004, ce chiffre dépassait 1,2 million d’abonnés. Le système i-mode d’E-Plus peut faire face à une croissance encore plus importante. Son architecture lui permet de gérer de multiples opérateurs de réseau et fournisseurs de contenus. Elle convient à tous types de terminaux et pourra être utilisée directement avec le réseau UMTS (le réseau de téléphonie mobile de troisième génération en Europe). Cette architecture peut gérer jusqu’à 20 millions d’utilisateurs et traiter jusqu’à 500 transactions complètes par million d’utilisateurs. Depuis le lancement de la première version du service par E-Plus, de nouvelles fonctions ont d’ailleurs été ajoutées. Aujourd’hui, l’i-mode permet l’utilisation de contenus surtaxés avec paiement à l’acte. Cinq terminaux de quatre fabricants distincts — NEC, Toshiba, Siemens et Nokia — sont pris en charge.
Aller de l’avant Les collaborateurs de CSC qui ont travaillé sur le projet E-Plus ont été transférés depuis dans d’autres entreprises de télécommunications. Ainsi, de nouveaux projets ont été conduits pour Bouygues Télécom en France, Orange en Suisse et Orange pour le monde entier. E-Plus a lancé par ailleurs de nouveaux projets pour faire suite au premier. CSC dispose aujourd’hui d’un contrat de maintenance d’application i-mode de plusieurs millions de dollars, et d’autres projets d’améliorations de la plate-forme i-mode sont attendus. Trois équipes travaillent en parallèle à développer des fonctions nouvelles et enrichies. Le travail de CSC sur le projet i-mode d’E-Plus a débouché sur une offre de conseil, baptisée «Plate-forme mobile multimédia», ou M3P (ses initiales pour «Mobile MultiMedia Platform). L’offre M3P structure un ensemble de compétences de développement, de réflexions métiers, et d’outils matériels et logiciels qui peuvent être utilisés dans le cadre de projets de réalisation de services mobiles du même type. Ce référentiel peut également servir dans d’autres secteurs que celui des télécoms, pour la réalisation de plates-formes de courtage notamment, ou la facturation pour le compte de tiers qui offrent aux internautes des services payants par Internet fixe ou mobile. Liens associés En savoir plus sur les activités de CSC dans le secteur des télécommunications.